Le Storytelling, ça me connait, et pourtant, j’ai rencontré plus fort que mois récemment. Ce mec a même réussi l’exploit de me frustrer à un jeu où je ne croyais pas avoir d’égale dans mon réseau. Pourtant, au départ, j’avais rejoins les festivités avec le coeur joyeux, j’allais pourvoir irradier les autres (et surtout les femmes) avec ma bonne humeur contagieuse.

Bien sûr, j’ai respecté les règles de base, je suis arrivé une heure après le début de la soirée. Mais au moment où j’ai approché la porte d’entrée, vous ne devinerez pas ce que j’ai entendu.

Pas le brouhaha alcoolisé habituel de personnes qui échangent sur des sujets futiles. Ni les basses d’une musique commerciale que je vais tout de même supporter grâce aux jolis déhanchés des demoiselles présentes.

Non. J’entends juste un homme parler.

Première pensée qui frappe mon esprit :

« La soirée est encore à son début »

Je baisse donc ma garde et j’entre tranquillement. Et là, que vois-je ?

Un homme au centre d’un canapé entouré par une quinzaine de personnes. Dans sa main gauche, un beau verre en cristal des grandes occasions rempli de vin. Dans sa main droite, les hanches de sa voisine souriante qui a délibérément décidé d’être spectatrice ce soir.

Le peu de mecs présent essaient tant que bien que mal de s’intéresser au sujet. Leur désir légitime de discuter avec les nombreuses femmes présentes les obligent à écouter les histoires du Roi de cette soirée.

Sans succès, j’essaie d’imposer ma présence en affirmant un « Bonjour à tous » avec un grand sourire. Ayant pour seule récompense quelques regards souriants, j’essaie de trouver un endroit où m’installer. On m’indique gentiment une place par terre (merci connasse 🙂 ) pour combler le dernier petit espace vide de ce cercle qui s’est formé autour de ce héros local.

Et vous savez ce qui me frustre le plus ? Ce n’est pas tant qu’il soit le Roi de la soirée, comme dirait l’autre, chacun son tour ! En fait, si vous pensiez que ce mec raconte des histoires passionnantes, vous faites erreur. Non, il ne raconte sa traversée en Alaska en vélo. Non, il ne défend pas une cause politique ou humanitaire de grande envergure. Non, il ne discute pas de poésie ou d’amour.

Non, c’est à travers un discours éloquent que ce monsieur parle des mésaventures quotidiennes qu’il subit à SON TRAVAIL DE CONSULTANT !

QUE FAIRE ?! Je pourrai me plaindre que j’ai passé une soirée de merde à tenter de soulever des sujets plus intéressants. Mais je pense plutôt que je vais reconnaître le talent de ce mec et m’entrainer à être encore meilleur que lui en StoryTelling. Et pour une progression radicale, je sais par où commencer : Travailler la base.

Mon défi ?

Embrasser une jolie femme en lui racontant avec quelle témérité j’ai choisi une méthode alternative pour cuivre mes oeufs à la coque en ajoutant un peu de sel marin à l’eau de cuisson

Oh Yea !

A la base, je suis un bon StoryTeller, mes amis le confirmeront. Je sais quels petits détails ajoutés dans une histoire pour la rendre passionnante, inquiétante, délirante, émouvante.

Mais là, j’ai été dépassé, et je n’aime pas ça, et je vais changer cela !Pour y parvenir, inutile d’innover, je réviserai les fondamentaux, les basiques.

Découvrons ensembles les bases du Storytelling.

A partir de maintenant, le « Je », ce n’est plus moi, Christophe Triganov, mais c’est toi, cher lecteur ;-). Je te propose une expérience : 

A partir de maintenant, je vais plus écrire mes articles avec des « nous » ou des « vous », mais avec des « Je ». A toi cher ami aventurier de me dire si ce nouveau format te plait ou si tu préfères l’ancien (Sache que je ne serai pas offusqué si tu préfères l’ancien :-)).

Astuce Storytelling n°1 : Impliquer l’autre pour maintenir l’attention

La meilleure manière d’apprendre le storytelling est de savoir maintenir l’attention des autres. Pour impliquer une personne dans une de mes histoires, il y a l’approche naturelle :

Choisir un sujet qui va la concerner personnellement.

Si j’ai en face de moi un joli petit bout de femme passionnée de danse, j’aurai toute son attention si je lui raconte mes petites expériences vécues à un cours de danse par exemple ou tout autre activité qui à rapport avec la danse.

Mais encore faut-il que je sache qu’elle aime la danse. L’idée de faire la tournée des femmes en attendant qu’une d’entre elle daigne s’intéressait à mon histoire me dérange. Je ne souhaite pas vivre la même galère que ces prospecteurs dans la rue qui demandent mon attention pour une cause qu’ils défendent.

Statistiquement, en réalisant cette démarche, les chances que mon histoire concerne la majorité mes auditeurs approchent les 0%. Et s’il me prenait l’envie de balancer des sujets aléatoires en attendant de trouver le bon, je risque l’effet inverse :

Le mec drôle que je suis apparaitra comme un drôle de mec.

Il est mieux pour moi de raconter l’histoire que je veux mais en y mettant la forme qui va maintenir l’attention des autres, quelque soit leur personnalité ou leur passion.

La bonne nouvelle est qu’il est facile de maintenir l’attention.  A l’instar des comiques de scène ou des formateurs en salle, il me suffit d’impliquer mon auditeur comme acteur potentiel.

Voici comment faire :

  • Insérer dans votre histoire de petits apartés qui transforment l’auditeur en acteur direct ou indirect de l’histoire.

Par exemple : je souhaite raconter à un ami mon dernier rendez-vous galant

M : J’avais rendez vous avec cette fille. Tu te rappelles, la fille dont je t’ai parlé samedi dernier ? Le coeur léger, je me pointe au lieu de rendez vous. Et…Rien à l’horizon…Le temps passe : 5 minutes, 10 minutes,…Toujours personne. C’est à cet instant que j’ai compris ce que tu avais ressenti ton dernier rencard ;-). Et là, devine quoi ?  Avec 30 minutes de retard, elle se ramène avec un énorme sourire aux lèvres en me disant : « Mon chien refusait rentrer à la maison, désoulé ! »

Si mon auditeur réagit avec des petits signes de tête ou des phrases courtes, c’est gagné, j’ai son attention :-).

  • Mais si je suis en face d’une inconnue, il sera plus difficile de l’impliquer comme acteur de mon histoire. Mais… Plutôt que les intégrer dans l’histoire, je peux les impliquer dans la narration. Chose très simple puisqu’il suffit de poser des questions anodines.

M : J’avais rendez-vous avec cette demoiselle devant le Barclay. Tu vois où ça se trouve ? Donc je me pointe au lieu de rendez vous. Et…Rien à l’horizon. Le temps passe : 5 minutes, 10 minutes,…Toujours personne. Et là, avec 30 minutes de retard… non mais t’imagine 30 minutes ? elle se ramène avec un énorme sourire aux lèvres… Et là, le pire, c’est qu’elle me dit qu’elle n’a pas réussi à rentrer son chien dans sa maison ?

Je prends donc bonne note qu’il n’est vraiment pas difficile de poser une ou deux petites questions anodines quand je raconte une histoire. Passons au conseil suivant !

Astuce Storytelling n°2 : L’objectif doit être clair dans mon esprit

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Si ton storytelling n’a aucun but, tu ne fais pas du storytelling

Il est fondamentale pour moi de décider de l’impact souhaité de mon histoire. Quand je vais la raconter, qu’est ce que je souhaite créer comme ressenti :

  • La faire rire ?
  • La provoquer ?
  • La convaincre ?
  • L’émouvoir ?

Raconter une histoire juste pour parler créera beaucoup moins d’impact quand bien même mon histoire est intéressante.

Si je conscientise l’impact de mon histoire, je ferai le tri entre les détails intéressants et les détails moins intéressants.

Par exemple, si je souhaite révolter mes auditeurs par rapport à mon dernier PV, je vais éviter de raconter que la gendarme qui m’a mis le PV était super canon. Par contre, détailler son comportement irritable est une bonne option.

Bien sûr, il est inutile de me faire des reproches sur le fait que je raconte pas tout. Cela n’affectera pas mon intégrité. Au contraire, si je raconte une histoire selon les détails qui m’ont le plus marqué, cela signifie que cette histoire est bien plus révélatrice de ma personnalité.

Astuce Storytelling n°3 : Expliciter le moins d’émotions pour en créer le plus possible

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Un conteur détendu, voici l’ingrédient de base pour faire du bon storytelling

Je prends conscience d’une chose  :  il n’y a pas de bonnes ou de mauvaises histoires. C’est ma façon de les raconter qui est bonne ou mauvaise.

Apprendre le storytelling passe aussi par une bonne maitrise de mes émotions. Et en parlant de cela, un détail important me vient à l’esprit : Rire de mes propres histoires démontre de l’insécurité. Moi même, dans le fond, je trouve agaçant de voir des gens rigoler de leur propre histoire.

Pour les émotions, il faut doser. Je ne me laisserai pas emporter par mes émotions, mais je doserai mon énergie émotionnelle aux moments clés de mon histoire.

Petite comparaison d’une même histoire racontée sur deux tons différents.

Racontée sur le ton de la colère :

M : C’est trop dégueulasse, j’ai stationné ma voiture sur un parking payant juste devant le tabac. 10 secondes après avoir acheté mon paquet, il y a  ce batard £$¤%*µ  DE FLIC ME FOU UN P….. DE PV. J’EN AI MARRE ! Et en plus, il souriait le bâtard !

Auditeur : Ah oui….hm… Scandaleux…. Tout à fait

Racontée sur un ton plus calme avec des propos nuancés cela donnerait :

M : Sans déconner, ils abusent, hier encore, je me suis stationné devant le débit de tabac pour prendre un paquet. Je sors de ma voiture, je rentre dans le tabac, prends mon paquet prêt à déguster une bonne petite cloppe et mater les filles quand JE VOIS DEVANT MOI UN FLIC glisser un PV sous mon essuie glace tout en ME FUYANT du regard

Auditeur : SANS BLAGUE ? ET QU’EST-CE T’AS FAIT ????

J’ai donc maintenant conscience que je dois laisser le choix de la réaction aux autres et non pas l’imposer. C’est ce qui fait la différence entre un homme relou et un homme éloquent.

Astuce Storytelling n°4 : Je miserai avant tout sur les émotions

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Surjouer vos manière de faire du Storytelling pour casser votre coquille

Pour narrer une histoire, je peux décrire le ressenti des protagoniste mais aussi décrire la scène. Je sais qu’il est inutile de faire des descriptions superflus, je ne décrirai que ce qu’il vaut le coup d’être décrit :

  • Un paysage magnifique (ou très laid)
  • Une atmosphère pesante/étrange/tranquille
  • Un ou des personnages très important de l’histoire mais inconnu de mes auditeurs
  • La beauté (ou la laideur) d’une femme

Ce qu’il faut retenir, c’est qu’il est difficile de décrire quelque chose de banal et d’être intéressant à moins de maitriser l’art du détail qui tue. Selon le niveau que je veux atteindre, je dois me décider. Soit je veux juste être un bon tchatcheur et je peux pouvez sauter ce paragraphe, soit je veux un vraiment un très bon Storyteller pour passionner mes auditeurs. Si je souhaite raconter des histoires avec beaucoup de description, je me prendrai de temps en temps soin de vivre le moment présent et de décrire dans ma tête chaque chose que je vis et que j’observe, ce sera un excellent exercice. Mon discours aura d’autant plus d’impact si je switche entre la description du cadre et le ressenti des protagonistes de l’histoire.

Pour m’aider à faire la différence, je vais lire quelques exemples :

Histoire n°1 : Histoire descriptive à la con

Mon séjour en Ukraine ? Trop bien. Tu verrais ça, l’architecture est magnifique, il y a de grands espaces et les filles sont trop canons. En plus, j’ai eu du beau temps durant tout le séjour !

Si j’en suis actuellement à ce niveau de narration, apprendre le storytelling est une bonne idée. Cette histoire n’est pas top et ne risque pas de passionner quelqu’un à moins qu’il soit déjà allé là-bas. Non, plutôt que de décrire des généralités sur pays ou même d’une activité, il serait beaucoup plus intéressant de raconter des petites anecdotes salées/sucrées. C’est dans ce cas précis que la description ajoute tout son sel.

Histoire n°2 : Histoire descriptive de meilleure qualité

L’Ukraine est un pays de surprise. Je venais juste d’arriver à Kiev, j’étais habillé en costard avec un énorme sac de randonnée sur le dos. Le temps de trouver mon chemin, je m’installer sur un banc à la grande place. Eh bien sûr, Google maps déconnait, impossible de me situer dans cette ville gigantesque. A ma droite, une jolie brune intellectuelle lisait un livre. Je dis intellectuelle car la coquine suçait son crayon à bois tout en lisant son bouquin. Vu dans l’état dans lequel j’étais, je l’aborde sans d’autres espoirs d’avoir un coup de main pour me repérer. Après quelques échanges, je parviens à réparer Google maps, alors que je m’attendais à un « Au revoir » de sa part, elle me regardait sans bouger l’air de dire « Bah alors, pourquoi tu ne parles plus ? »

Dans cette histoire, je remarque qu’il ne se passe pas grand chose et pourtant elle est beaucoup plus intéressante que la première.

Histoire n°3 : Une histoire purement descriptive

M : Lors de mon dernier séjour, j’étais au bord d’une falaise en train d’admirer au loin la mer bleue turquoise qui s’abattait sur les rochers. Et là, un aigle royale apparut dans mon champs de vision. Il se dirigea vers moi jusqu’au moment où il déploya ses grandes ailes et vint se poser à 10 mètres de moi. Son regard me fixait.

Je constate aisément que le cadre de l’histoire est bien écrit mais je reste sur ma faim, j’aimerai connaître au moins le ressenti du narrateur.

Histoire n°4 : Une histoire purement émotionnelle

M : Tu connais pas la dernière ? J’ai aperçu récemment un aigle. Le pire est qu’une fois que je l’ai remarqué, il a décidé de s’approcher de moi. Au début, j’étais contemplatif mais très vite je me suis demandé si les aigles n’attaquaient pas les humains justement. Je sentis l’appréhension grimpait au fond de moi, tu t’en doutes. Bien évidemment, il a pris soin d’atterrir à coté de moi et de me fixer de son regard. Je ne savais plus quoi faire. Et bien sûr, j’avais une énorme envie de pisser !

Ici, je vis l’histoire d’un point de vue émotionnel mais le cadre est imprécis. J’aimerai pouvoir visualiser dans ma tête la beauté du décor. Et à moins d’avoir déjà été en Afrique, il me sera impossible de visualiser la scène.

En associant les deux histoires, elle peut devenir très intéressante à écouter.

Histoire n°5 : Une histoire émotionnelle et descriptive

M : Lors de mon dernier séjour en Afrique, j’étais au bord de la chute d’une falaise en train d’admirer au loin la mer turquoise qui s’abattait sur les rochers à l’horizon. Et là, surgissant de nulle part,  j’aperçois un aigle royale qui planait dans ma direction.  Au début contemplatif, une simple question frappa mon esprit : « Est ce qu’ils attaquent LES HUMAINS ? ». La peur grimpa petit à petit au fond de moi… Bien évidemment, tout chanceux que je suis, il prend soin d’atterrir en déployant ses grandes ailes à 10 mètres de moi. Avec un air fier, il observa tranquillement le paysage puis il me fixa moi de son regard impérial. Paralysé, je ne savais plus quoi faire. Eh bien sûr, tu n’imagines pas le pire ? j’avais une énorme envie de pisser !

Je prends donc conscience de l’importance d’alterner les éléments descriptifs et émotionnels, apprendre le storytelling, c’est comme apprendre à faire des cocktails, c’est le dosage qui importe. La description, c’est un peu le Baileys des histoires, bien dosée, cela rendra mon histoire succulente. Mais si je suis encore un débutant, je me focaliserai uniquement sur une description émotionnelle de mon histoire. Mieux vaut une vodka sec qu’un cocktail écoeurant 😉

Astuce Storytelling n°5 : User et abuser des images, métaphores et analogies

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Le Storytelling doit faire visualiser du rêve à l’aide de mot suggestif

Etant donné que je ne suis pas un littéraire né, je me limiterai dans un premier temps à  l’usage des comparaisons et métaphores. Apprendre le storytelling ne demande d’être reçu à l’académie française. Quand je raconte une histoire que j’ai déjà raconté, je connais tous les détails de celle-ci. Ce n’est pas le cas de mes auditeurs. Pour leur faciliter le travail de compréhension et d’écoute, j’ajoute quelques comparaisons et métaphores dans mes histoires, cela éclaircira l’esprit de mes auditeurs quand à mes ressentis, mes réactions et les comportements de gens dans mon histoire

Par exemple, je reconnais aisément qu’il est plus facile de dire que j’ai rencontré une petite Rihanna en boite que de décrire chaque détail de son physique.

Les analogies et les métaphores sont un bon moyen d’éclaircir les zones d’ombres. Et surtout, cela me fait gagner du temps. Si mon histoire est à la fois courte et que mes auditeurs visualisent le plus de choses, plus mon histoire est bonne.

M : J’étais en train de prendre un verre avec mes nouveaux collègues de travail, tu sais ce que c’est ;-). Ils avaient un comportement particulier, il me provoquait gentiment, il essayait de me trouver un surnom. Soit disant qu’ils faisaient pareilles avec chaque nouveau dans la boite. L’un d’entre eux raconte de manière grossière des blagues salaces en prenant soin d’insister sur chaque gros mot. Alors que j’étais en train de contempler une jolie femme blonde avec des traits fins et une manière de s’habiller très classique à la table à coté, on me tape sur l’épaule. Je recentre mon regard vers notre table : Ils me regardaient tous, en train d’attendre une remarque de ma part, comme ci le dialogue ne pouvait pas continuer sans moi. Si tu les avais vu, tu comprendrais ce que je veux dire.

L’un d’entre eux dit : Et toi, dis-nous la chose la plus dégueulasse que t’as fait avec une fille ?

M : J’ai eu un bug dans mon cerveau. La prochaine fois qu’un clochard veut mettre le feu à cette société, je l’accompagne !

Maintenant, je reprends la même histoire et j’y ajoute quelques métaphores et comparaisons.

M : J’étais en train de prendre un verre avec mes nouveaux collègues de travail, tu sais ce que c’est ;-). Il me considérait comme le petit nouveau de la bande à bizuter. Il n’a pas fallu attendre longtemps avant que l’un d’entre eux raconte, à la manière d’un Bigard éméché, les quelques histoires salaces de sa semaine. Alors que j’étais en train de contempler une beauté blonde avec des airs de princesses d’un autre temps à la table à coté, on me tape sur mon épaule. Je recentre mon regard vers notre table : Ils me regardaient tous, un peu comme ci j’étais le président d’honneur de cette table. L’un d’entre eux dit : Et toi, dis-nous la chose la plus dégueu que t’as fait avec une fille ?

J’ai eu un bug dans mon cerveau. La prochaine fois qu’un clochard veut mettre le feu à cette société, je l’accompagne !

Dans la 1er histoire, je décris bien chaque événement mais je remarque que chacune de mes descriptions éloignent l’auditeur du coeur de l’histoire. Cela pourrait à la longue les faire décrocher.

2 possibilités, soit je vais à l’essentiel, soit j’ajoute des métaphores et des images. Ils sont de très bons raccourcis pour décrire certains concepts difficiles ou long à expliquer. Ils permettent aussi de rendre l’anecdote plus fluide et agréable à écouter puisqu’ils suggèrent des images et des sensations plus faciles à comprendre que de longues descriptions.

Astuce Storytelling n°6 : Se mettre dans la peau d’un personnage 

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Ce bon Tyler Durden maitrise bien le Storytelling de la révolte

Je constate qu’il y a une dernière astuce dans mon sac qui est utilisée en théâtre d’improvisation : me mettre dans la peau d’un personnage charismatique.

De cette manière, j’élimine mes incertitudes concernant la manière de raconter, je gérerai mieux les pauses ainsi que le ton de ma voix et les détails à ajouter.

Voici quelques exemple

  • Je souhaite raconter le dernier scandale que j’ai vécu ->Pourquoi ne pas adopter le ton employé par Tyler Durden de Fight Club ?
  • Je souhaite tourner en dérision une situation que j’observe -> Pourquoi ne pas adopter la voix off des documentaires animaliers de France 5 ?
  • Je souhaite raconter ma dernière conquête amoureuse en mode macho -> Pourquoi ne pas adopter le discours de San Antonio ou d’un Casanova ?
  • Je souhaite raconter ma dernière conquête amoureuse en terme romantique -> Pourquoi ne pas adopter le ton de Roméo dans le film Roméo et Juliette ?

Et pour finir ma réflexion, j’insisterai que les personnages de film que j’admire le plus sont de très bonnes idées pour choisir le ton avec lequel je raconterai ma prochaine histoire.

Je reviendrai dans quelques jours avec un article qui propose des exercices pour apprendre le Storytelling encore plus facilement.