Si tu veux comprendre comment certains excellent dans l’art de parler, de raconter des histoires passionnantes, jette un oeil à cet article d’abord :

Apprendre le Storytelling (théorie)

Bon, j’ai à nouveau rencontré ce mec qui attire l’attention des femmes d’un claquement de doigt. Comme d’hab, je me la suis joué humble… Quoi de pire qu’un coach qui vous dit d’être humble et qui n’applique même pas ses propres conseils ?

Martin : J’ai trouvé moi ! Un coach pas humble et qui en plus tourne autour du pot 🙂

Ok, message reçu. Bref, ce mec, je le rencontre en soirée, une partie de moi souhaitait qu’il ait juste eu de la chance la fois précédente…

Malheureusement… non ! ce mec réussit d’être encore plus joyeux que moi et d’être en charmante compagnie de 3 autres blondes (Serait-il sponsorisé par le label Golden Retriever ?).

J’ignore totalement les 3 blondes et je lui adresse directement la parole.

M : Salut ! Je peux te parler 2 minutes ?

Mec : ? … D’accord !

Je l’entraine un peu à l’écart

M : Dis moi, tu connais le GAME ?

Mec : Le quoi ?

M : Neil strauss, ça te dit quelque chose ?

Mec : …

M : Bref, je trouve que tu as un vrai talent pour raconter des anecdotes, des histoires improvisées !

Mec : ok…

M : Juste une chose : Avec quelle méthode as-tu perfectionné ton talent ?

Mec : … Ma METHODE ?? Haha ! Eh bien ma méthode… Ah J’ai trouvé : « Un jour je suis né ». Allez passe une bonne soirée haha (en me donnant une vieille tape sur l’épaule) !

Une partie de moi aurait voulu lui arracher la tête. En une seule réponde, ce mec a réussi à contredire mes convictions (Qu’on possède les aptitudes par l’expérience et certainement pas comme un don inné) et se comporter de la pire manière qui soit pour moi (me prendre de haut comme ci j’étais un enfant kinder qui voulait découvrir la vie… !)

Il a réussi, il a encore fait mieux que la dernière fois, cette fois, il m’a mis en colère. En 10 secondes.

Sans rire, même s’il est exécrable, il force le respect. Cet homme est un Talleyrand de l’ère moderne.

On peut s’interroger, ce mec n’a pas un don inné, c’est certain. Par contre, il a du apprendre très jeune car il n’a pas connu la nécessité d’apprendre la politesse pour réussir à s’intégrer.

Donc, maintenant je m’adresse à toi lecteur. Je te propose de découvrir de très bons exercices (découvert au théâtre d’importation et aux conférences sur la prise de parole) qui vont booster ta manière de parler, de raconter des choses.

Les exercices proposés sont plus amusants si tu les pratiques à 2. Si tu as un ami sous la main qui partage la même ambition que toi, n’hésite pas à partager avec lui cet entrainement, cela permet quelques bons fous rires et une progression plus rapide.

Exercice 1 pour raconter des histoires passionnantes : Choisir une histoire

Capture d’écran 2015-10-02 à 13.25.57

Dans notre vie quotidienne, nous racontons deux types d’histoires :

  • Les histoires que nous avons déjà racontées.
  • Les histoires que nous décidons d’improviser.

Il est pas simple de raconter des histoires passionnantes tout en improvisant. Il est bien plus facile de rendre passionnante une histoire déjà racontée en y ajoutant des détails croustillants que l’on a omis. Choisis donc des histoires que tu connais bien comme des bonnes anecdotes de soirées, tes meilleurs ou tes pires rencards.

Tout d’abord, cher aventurier, tu vas devoir choisir 3 histoires sur lesquelles t’entrainer. Choisis donc 3 histoires que tu as vécues qui touchent de près à au moins l’un des 5 sujets :

  • L’argent
  • La compétition
  • Le scandale
  • La violence
  • Le sexe

D’autres sujets peuvent intéresser, les voyages par exemple, mais pas autant que les 5 cités ci-dessus. Cependant, tu reconnaitras qu’un voyage sans scandale ou sans histoire d’amour ne restera pas dans les anales. Je nous vois mal passionner les foules en racontant le beau mélange de couleur des peintures du musée d’arts moderne.

Découvrons cela par l’exemple :

M : Le Groenland, c’est SUPER 🙂 ! Il y a des icebergs mais aucune végétation, le soleil se couche jamais et les gens sont sympas et ils aiment faire la fête 😀

Cette histoire est légère et pleine de bonnes émotions, mais ce n’est pas ça qui intéresse les gens. Ils ne le reconnaissent pas eux mêmes, mais les seules histoires qu’ils apprécient, c’est quand rien ne se passe comme prévue.

M : Le Groenland, c’est cool mais le portefeuille souffre. 1000 euros pour le trajet. 100 euros MINIMUM la nuit à l’hôtel. 40 euros pour se nourrir par jour ! Imagine la situation professionnelle qu’il faut pour y vivre 1 an…

Cette histoire est déjà un peu plus intéressante à écouter, il y a un peu de scandale et de l’information intéressante pour l’auditeur (La vie au Groenland est très chère). Mais on peut faire bien mieux !

M : Le Groenland, c’est un pays de contraste. Autant les locaux sont vraiment sympas, autant ce sont de vrais tarés en soirée et en boite de nuit. D’ailleurs, un soir, j’étais installé à une table avec 3 potes. Rapidement, on remarque nos voisins de table se disputaient une jolie femme du pays. Alors que je glissais quelques regards pour contempler madame, j’ai eu un sursaut quand je l’ai vu sourire : elle n’avait pas de dents ! On me dit alors qu’elle est connue et qu’elle est même surnommée « The Blow-job girl » dans le bar. Je demande pourquoi ? Tous les mecs avec qui je trainais m’ont donné une réponse différente (Laisser un silence de quelques secondes pour laisser votre interlocuteur vous en demander plus)

Dans cette histoire, il y a de la surprise, un peu de violence et du sexe, ça explique pourquoi cette histoire est plus prenante que les 2 précédentes.

Donc il faut garder en tête les 5 sujets qui intéressent le plus les gens et choisir 3 histoires dans ta tête.

Rappel : l’enchainement logique d’une histoire

Tu es conscient qu’une histoire suit toujours la même narration :

Il y a d’abord la situation initiale. Cette étape est importante pour planter le décor, l’ambiance mais aussi le ressenti initial du (ou des) protagonistes (important si un retournement de situation impact le vécu d’un protagoniste)

M : C’était samedi dernier. Je m’étais rendu à une soirée d’une copine que je n’avais pas vue depuis longtemps. J’arrive et bien évidemment, je ne connaissais personne. Je m’installe alors dans le canapé et discute avec mon voisin de droite. Comme par hasard, lui aussi aimait les films de Tarantino et Scorsese, on rigolait bien.

Ensuite, il y a l’élément perturbateur. Dans cette étape, il s’agit du moment où le cadre initial change pour une raison soudaine. Sans cet élément, l’histoire n’aurait pas sa raison d’être. C’est l’occasion d’attirer l’attention sur ton histoire. Il peut être intéressant de faire une petite pause dans votre narration pour amplifier le mystère. Si vos auditeurs ont l’air stupéfait et vous demande la suite de l’histoire, c’est que votre élément perturbateur était très convaincant.

M : Et à ce moment précis, il y a un mec bourré qui s’incruste et me dit : « Hey, je te connais, t’as essayé de choper ma meuf ! »

Je venais juste d’arriver, je le connaissais pas et pourtant, sa tête m’était un peu familière…

Les péripéties. C’est durant cette étape qu’il est intéressant d’ajouter des détails croustillants. Cette étape est en théorie le moment où les actions et réactions s’enchainent.

Je tente de démentir, je lui dis que je suis actuellement célibataire, il ne veut rien entendre, il me fixe, droit dans les yeux. Je sens alors  un silence gênant s’installait. Il se penche vers moi, approche sa tête de la mienne. Il puait la mauvaise bière de foire aux manèges. Il me saisit par le col et me dit : « Tu me prends pour un con ? Tu tu t’appelles Christian n’est ce pas ? » J’essaie à toute fin de le raisonner mais moi-même, j’étais perturbé… En effet, je n’ai pas une gueule qu’on oublie si facilement et il m’a appelé Christian, c’est proche de mon vrai prénom.

Elément de résolution . C’est la partie de la narration où un événement précis clôt les péripéties. Il ne résout pas obligatoirement la problématique de l’élément perturbateur.

M : D’un coup, son oeil tourne et il s’effondre par terre… Je ne saurai jamais qui il était. Pour changer de sujet, j’annonce à tout le monde qu’il m’a appelé Christian, donc qu’il doit faire erreur.

Situation finale.

M : Je me rassois et reprends la discussion avec mon voisin comme ci de rien n’était. Moralité : Si un jour tu veux séduire la copine d’un mec bourré, attends quelques heures, l’alcool fera le boulot d’écarter ton rival à ta place.

Exercice 2 pour raconter des histoires passionnantes : Switcher sur plusieurs tonalités

Capture d’écran 2015-10-02 à 13.28.10

Préparation :

Une histoire passionnante est une histoire que tu l’adaptes à ton audimat. Si tu racontes une histoire sur le ton de la mélancolie dans une soirée festive et chaleureuse, tu n’auras pas un grand succès (à moins d’être un maître dans l’art de raconter). Dans une ambiance festive, il faut une histoire fun ou scandaleuse.

Dans un contexte de partage entre amis, dans le cadre d’un petit apéro, tu peux raconter des histoires mélancoliques, encore faut il que ça se prête à l’ambiance.

L’exercice à pratiquer est le suivant : Ton partenaire d’apprentissage choisis une tonalité pour ton histoire. Quelque soit la tonalité, tu vas devoir trouver un nouvel angle de narration pour y parvenir. Certains détails seront à retirer tandis que d’autres seront à ajouter pour créer l’effet souhaité. Mais dans l’ensemble, il faut que l’anecdote reste la même.

Proposition de tonalités différentes :

  • Humoristique.  Objectif ? Surprendre et faire rire ton audimat. Tu peux exagérer certains comportements ou détails ou les tourner en dérision. Pour te donner un exemple, il y a Jean Marie Bigard qui maitrise l’art d’exagérer les choses. A adapter bien évidemment…
  • Le scandale. Objectif ? Révolter et indigner tes auditeurs. Tu dois donc insister sur les détails révoltants en les comparant à ta perception normale des faits. Tu peux t’inspirer de nombreux personnages politiques comme Georges Marchais, Eric Zemour ou Alain Soral. En effet, les discours des extrêmes politiques créent souvent un sentiment de révolte.
  • Le donneur de leçon. Ton histoire devra porter en son sein un enseignement important sur la vie. Pour y parvenir, rien de plus simple, regarde les vidéos des meilleurs coachs ou des professeurs réputés pour leur pédagogie.
  • Pathétique. Ici, il va falloir faire ressentir à votre interlocuteur l’apitoiement sur le protagoniste ou la situation. Tu peux regarder Roméo et Juliette pour t’inspirer mais… Tu n’es pas obligé 😉

Un petit exemple :

Imagine l’histoire d’Eric qui s’est mangé un méchant râteau.  Cette histoire peut-être humoristique dans le sens où Eric fait preuve de maladresse ou tout simplement n’a pas de chance avec madame. Mais cette histoire peut être racontée d’un point de vue scandaleux car la demoiselle s’est montrée impitoyable. Aussi, cette histoire peut-être aussi le moyen de donner une leçon à ton auditeur pour démontrer les choses à ne pas faire lors d’un rencard. Et finalement, tu peux aussi créer de l’apitoiement chez l’auditeur par rapport à malchance d’Eric.

Au fait, petit rappel, il ne faut pas rire de ses propres histoires. Du moins attends au moins que les autres rient avant d’en faire autant.

Exercice 3 pour raconter des histoires passionnantes : Improviser sur des mots 

Capture d’écran 2015-10-02 à 13.30.03

Préparation :

  • Une histoire dont tu maitrises la narration.
  • Une dizaine de bouts de papier sur lesquels ton partenaire écrit un mot au hasard.

Alors que tu es en train de raconter ton histoire tranquillement, ton partenaire te montre un papier sur lequel est écrit le mot que tu dois absolument placer dans ton histoire dans les 5 prochaines secondes. L’histoire ne doit être en aucun cas modifiée et restée cohérente.

Cet exercice est un bon début pour commencer à améliorer son talent d’improvisation. Quand nous racontons une histoire que nous n’avons jamais racontée auparavant, nous avons tout de même un schéma de déroulement des évènements dans notre tête. Mais il est fréquent d’oublier des détails important qui amplifient l’intérêt de l’histoire. Il va donc falloir intégrer ce détail au plus vite dans ton histoire sans pour autant perdre le contrôle de la narration.

En apprenant à improviser, tu apprendras mieux à discerner les détails peu importants des détails indispensables pour passionner tes auditeurs.

Exercice 4 pour raconter des histoires passionnantes : Switcher entre action et description

Capture d’écran 2015-10-02 à 13.30.55

Préparation :

  • Bien faire la différence entre l’action et la description (voir article précédent …)
  • Ici, il n’est pas obligatoire de choisir une histoire intéressante pour commencer. Choisis des histoires simples et anodines

Cet exercice est coriace. Tu vas raconter ton histoire tranquillement mais il te sera interdit de switcher entre le mode descriptif et le mode action tant que ton binôme n’a pas claqué des doigts. Le mode action inclus toutes les réactions physiques des protagonistes mais aussi les réactions émotionnelles. Les phases descriptives ne concernent que la description d’une scène, un peu comme ci l’histoire était mise en pause et que tu décrivais uniquement ce qui était visible ou audible ou ressenti.

Les phases descriptives se conjuguent en général à l’imparfait. Les phases actives peuvent se conjuguer au présent, passé simple ou passé composé.

Exemple :

M (mode description) :C’était samedi dernier. Il était environ 20 h. Le salon était rempli de monde. Aucune tête ne m’était familière.  L’ambiance était plutôt détendue.

Binôme : Clac

M (mode action) : Je ne connaissais personne et cela m’intimidé, je l’avoue. Je me suis alors approché de quelqu’un qui buvait son verre seul. Je l’interpelle et je me présente.

Binôme : Clac

M(mode description) : Il avait l’air content que quelqu’un l’accompagne dans sa solitude. Grand et brun, ses yeux démontraient qu’il n’avait pas bu que de l’eau. Au fur et à mesure que nous discutions, son visage s’illuminait petit à petit.

Binôme : Clac

M (mode action) : D’un coup, j’entendis quelqu’un m’interpeller. Je détournai mon regard de mon nouveau compagnon pour voir ce qu’il en est….

Et ainsi de suite…

Cet exercice permet d’épurer ta narration. Les personnes qui n’ont pas d’aptitudes particulières pour raconter des histoires switchent entre le mode descriptif et actif sans trop faire attention. La narration devient alors imprécise et les effets de l’histoire sont aléatoires et dépendent alors plus souvent des évènements racontés que du talent du narrateur.

Note : Cet exercice est assez compliqué à maitriser. Ne sois pas surpris de galérer au départ

La pratique de ces 4 exercices te permettra à court terme d’augmenter ta concentration sur la narration d’une histoire. Il existe encore quelques autres exercices plus complexes pour améliorer son talent en storytelling mais nous découvrirons cela dans un autre article à l’occasion

Et n’oublie pas, si tu racontes une histoire, fait en sorte d’être entendu par la demoiselle qui t’intéresse 😉

Incoming search terms:

  • comment apprendre à raconter des histoires ? (1)
  • comment raconter des anecdotes (1)
  • Comment retenir des anecdotes et des histoires pour raconter (1)
  • les histoires passionnantes (1)
  • rendre une histoire passionnante (1)
  • Savoir raconter (1)
  • savoir raconter une histoire (1)